5 février 2012

La musique traditionnelle


Le chant est la musique traditionnelle des Premières Nations et est généralement interprété en groupe, même si certaines nations préfèrent les solos. Habituellement, la mélodie de la musique est chantée seule, sans harmonie. Cependant, des groupes chantent parfois une partie de la chanson chacun leur tour. De façon générale, les mélodies ont un rythme irrégulier et sont chantées d'abord dans un registre aigu qui devient de plus en plus grave tout au long de la chanson.
La hauteur tonale de départ d'une chanson dépend du chanteur, plutôt que d'une note préétablie. La voix peut donc paraître instable. Par ailleurs, les chansons comportent fréquemment de forts accents et passent graduellement d'une note à l'autre (glissando). Des tambours, et parfois des hochets, accompagnent les chansons.
En comparaison avec les chants des pow-wow, les chants spirituels ressemblent plus à une hymne et sont plus solennels. Ils peuvent être accompagnés d'un tambour ou d'un hochet et font normalement partie d'une cérémonie officielle.

Les instruments traditionnels


Parmi les instruments à vent, on distingue les sifflets et lesflûtes. Les instruments traditionnels à cordes sont rares, bien que l'existence de l'arc à bouche, du violon inuit (instrument à une corde fait d'écorce et d'intestins de caribou) ou encore du violon apache (instrument à une corde fait d'aloès d'Amérique tubulaire) soit documentée.
Les tambours
Le tambour représente la voix du Créateur et exprime un équilibre avec le monde naturel, souvent raconté dans la chanson. Le tambour et les chansons sont utilisés pour la prière pendant toute la cérémonie, de l'ouverture à la clôture.
Les grands tambours sont sacrés, car ils représentent la Terre. Traditionnellement, seuls les hommes en jouent, bien que certains groupes de femmes aient récemment créé des cercles de tambour utilisant des grands tambours.
Les grands tambours sont faits d'un cadre circulaire en bois recouvert d'une membrane en cuir. Ils mesurent un peu moins d'un mètre de large et environ deux tiers de mètre de haut.
Les petits tambours à main, joués aussi bien par les hommes que par les femmes, sont faits d'un cadre de forme octogonale ou circulaire recouvert d'une membrane en cuir. Ces tambours ont un diamètre variant entre 15 et 45 centimètres et une hauteur d'environ 10 centimètres. Les joueurs les tiennent par une poignée en cuir située à l'endos et les frappent avec un bâton.
Le son du tambour varie selon les traditions locales. Par exemple, dans la tradition de la danse ronde de l'Ouest, le joueur de tambour fait glisser son majeur sur la peau intérieure du tambour en même temps qu'il frappe pour créer une résonance unique. Selon la tradition anishnabe, les joueurs de tambours cordent des bâtons ou des os spécialement conçus sur la peau du tambour afin de créer un son de bourdonnement.
Les tambours à eau sont des récipients de forme creuse, originairement de bois ou d'argile, recouverts d'une membrane en cuir. Ils sont en partie remplis d'eau. Lors de cérémonies, le peuple anishnabe utilise des tambours à eau plus larges en forme de tonneaux. Le tambour à eau portatif iroquois est joué à l'aide d'une mince baguette de tambour. De plus, les chants sont accompagnés d'un hochet en corne de vache. Le tambour à eau en fonte de la Native American Church est un ajout plutôt récent au groupe d'instruments autochtones et il tire son origine du tambour à eau en argile traditionnel du nord du Mexique. Étant donné qu'il convient de conserver la membrane humide lorsqu'on joue du tambour en fonte, la hauteur tonale de la membrane change pendant la chanson au fur et à mesure que la membrane sèche.
Le grand tambour de pow-wow
Le grand tambour joue un rôle central à la fois dans les cérémonies et dans les pow-wow. Certaines composantes des cérémonies sont aussi présentes dans les pow-wow, par exemple les chants d'ouverture, d'honneur et de clôture. Le grand tambour assume aussi un autre rôle dans les pow-wow : il fait danser les gens. Son rôle cérémonial dans les pow-wow ne cesse d'évoluer.
Les grands tambours de pow-wow utilisés aujourd'hui ont vu le jour au début des années 1800, inspirés par les rêves et les visions. Par ailleurs, on récupérait parfois des grosses caisses de défilés militaires pendant les batailles pour en faire des tambours trophées.
Selon la tradition des pow-wow, les femmes forment un cercle autour du grand tambour et des chanteurs. Symbole de protection, le cercle démontre le respect accordé aux femmes, qui sont synonymes de source de vie. Leur position autour du tambour est perçue comme une place d'honneur et de reconnaissance.

Le but du chant

Le chant est traditionnellement la façon principale de communiquer avec les pouvoirs surnaturels. La musique est rarement jouée pour le plaisir. Elle a un but précis, notamment apporter la pluie, assurer une bataille victorieuse ou guérir les malades.
Les chants et les danses proviennent de la nature ou de rêves et expriment souvent l'amour pour la vie et la subsistance.
Il existe trois catégories de chants. Les chants traditionnels, transmis de génération en génération, appartiennent à des personnes, des familles, des clans ou des nations. Les chants de cérémonie ou de médecine, qui doivent normalement être transmis dans les rêves, servent à guérir et à purifier. Les chants modernes témoignent de l'influence de la culture européenne.
La musique traditionnelle exprime un ordre social. Elle décrit l'identité territoriale, la structure organisationnelle d'une communauté, les rôles des hommes et des femmes. En somme, la musique traditionnelle reflète la culture entière d'une nation.
Il existe une chanson pour chaque activité de la vie quotidienne : la chasse, les semences, le rassemblement, etc. Les prières et les cérémonies vont d'un simple geste aux grands rassemblements complexes, soigneusement organisés et très évolués.

Préservation ou intrusion?

Comme les chants et les cérémonies sont réputés pour être sacrés, il fallait les protéger de l'exploitation et de l'intrusion. Le fait de les commercialiser serait une atteinte à leur intégrité spirituelle.
Selon bon nombre de traditionalistes, l'enregistrement de ces chants et de ces cérémonies peut nuire à ceux qui permettraient l'enregistrement et à la culture elle-même. En outre, une interprétation erronée de ces cérémonies pourrait renforcer les stéréotypes et le racisme, donnant lieu à davantage de persécution. D'autres sont toutefois d'avis que la préservation est nécessaire pour que les générations futures entendent et apprennent les anciens chants.
À compter de la fin des années 1800, les anthropologues et les représentants du gouvernement jugeaient que les peuples et les cultures autochtones étaient « en voie de disparition ». Ils ont donc commencé à faire des recherches et à enregistrer la musique, créant ainsi une nouvelle invasion des cultures autochtones.
La première utilisation documentée d'équipement d'enregistrement mécanique pour les recherches en ethnographie date de 1890. Jesse Walter Fewkes [www.loc.gov/exhibits/treasures/trr015.html] (disponible en anglais seulement, consulté le 1er juin 2007), anthropologue du Peabody Museum of Archeology and Ethnology de l'université Harvard, a effectué des enregistrements sur des cylindres phonographiques en cire.
Le peuple autochtone travaille à préserver et à retrouver ses traditions musicales. Les autochtones ont préservé les chants et les cérémonies traditionnels qu'ils continuent à garder à l'abri des intrusions.

Source: Archive du Canada

Aucun commentaire:

Publier un commentaire