2 février 2012

Les Iroquois attaquent…

Souvent quand nous invoquons les attaques iroquoises en Nouvelle-France, nous pensons immédiatement au massacre de Lachine, le 5 août 1689 avec 24 morts et 80 prisonniers qui, pour la plupart, ne reviendront jamais au pays. 
Il y eut plusieurs raids des tribus appelées les Cinq Nations, entre 1687 et 1697. Ils partaient de la rivière Mohawk située dans l’état de New York, descendant le Richelieu pour atteindre notre région. À la coulée Grou près de Rivière-des-Prairies, à un kilomètre au nord du pont Le Gardeur, le 2 juillet 1690, une incursion ennemie fit dix morts et six prisonniers brulés chez les colons.
À Lachenaie, le 13 novembre, un tiers de la population a été décimé soit 33 morts ou disparus et les attaques se répétèrent là jusqu’en 1692. À Verchères, de l’autre côté du fleuve, le 22 octobre 1692, la courageuse Madeleine, âgée de 14 ans, repoussa un siège qui dura huit jours.
À Repentigny, le 11 mai 1691, une escarmouche emporta le menuisier Robert Demars, 40 ans, marié à Élisabeth Richaume. Le futur gouverneur Philippe de Vaudreuil, le 6 juin 1691, surprend une cinquantaine d’Iroquois près de la rivière L’Assomption, à Repentigny; bilan 7 miliciens sont tués.
Dans les registres de La Purification, on peut lire en date du 7 juin « ont été inhumés au cimetière un garçon de 15 ans et une fille de 12 ans tués sur la côte de Repentigny par les Iroquois ».
La conséquence de cette guerre fut que les habitants ne cultivent plus et donc ne récoltent plus, obligés de se réfugier au fort de la Pointe de Repentigny, là où est construit le manoir du seigneur Jean-Baptiste Le Gardeur.
Les familles Ratelle, Brodeur, Pilon abandonnent leur terre, ce qui ralentira le développement de la seigneurie durant une quinzaine d’années. Mrs De Repentigny participa avec 600 miliciens de la région de Montréal, en 1687 et 1693, à des expéditions punitives en territoire mohawk empêchant les Iroquois et les Anglais de s’approprier le commerce des fourrures. Le gouverneur Frontenac ne néglige rien pour ramener la paix. En 1696, il porte lui aussi la guerre au sein même du pays des Iroquois pour mettre un frein à leur ardeur belliqueuse. Les Iroquois harassés semblent disposés à mettre bas les armes; ils ne torturent plus par crainte d’être eux-mêmes torturés.
Le 4 août 1701, le gouverneur De Callières, qui a succédé à Frontenac, négocie et signe avec les Iroquois et 39 autres tribus indiennes une paix spectaculaire appelée « la grande paix de Montréal ». Après la signature de ce traité, les colons commencent à revenir et à cultiver leur terre; le commerce, les expéditions de découverte et les missions des jésuites reprennent dans les « pays d’en haut ».

Par André Ménard


Repentigny - www.hebdorivenord.com

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