16 avril 2012

L’Art de la Guerre

Sun Tzu

Bienvenue ! Il vous est ici propose de lire l’Art de la Guerre.
 Cet ouvrage fut écrit

Statue de Sun Tzu à Yurihama, Tottori, Japon

par Sun Tzu à une période inconnue, peut-être pendant la période des Royaumes
Combattants (entre 443 et 221 avant J´esus-Christ), le texte comporte en effet quelques
références `a ces Royaumes Combattants. On ignore de mémé qui fut Sun Tzu : s’agit-il
d’un seul auteur ou de plusieurs ? (On remarque en effet que le texte comporte
parfois des : «Sun Tzu dit», et parfois des : «je dis»). Quoique en soit, on sent à la
lecture de l’Art de la Guerre qu’il y a derrière cet ouvrage une grande expérience et
une solide connaissance dans le domaine militaire.
Il ne s’agit pas simplement d’une série d’astuces, mais bien plutôt d’une philosophie
basée sur la surprise et la tromperie. L’Art de la Guerre est considéré comme l’un
des meilleurs livres de stratégie militaire, bien qu’il date d’une période très éloignée.
La traduction proposée ici est celle du père Amiot, un jésuite qui vécut en Chine au
18e siècle et fut un haut fonctionnaire de l’´Etat chinois ; elle date de 1772.
Les 13 articles sont ici propos´es dans leur intégralité. Cela constitue `a ma connaissance
une première en français sur Internet. Bonne lecture !




Sun Tzu dit : La guerre est d’une importance vitale pour l’´Etat. C’est le domainede la vie et de la mort : la conservation ou la perte de l’empire en dépendent ; il estimpérieux de le bien régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui le concerne,
c’est faire preuve d’une coupable indifférence pour la conservation ou pour la pertede ce qu’on a de plus cher, et c’est ce que on ne doit pas trouver parmi nous.

Cinq choses principales doivent faire l’objet de nos continuelles méditations et de tous nos soins, comme le font ces grands artistes qui, lorsqu’ils entreprennent quelque
chef-d’oeuvre, ont toujours présent `a l’esprit le but qu’ils se proposent, mettent `a profit tout ce qu’ils voient, tout ce qu’ils entendent, ne négligent rien pour acquérir de nouvelles connaissances et tous les secours qui peuvent les conduire heureusement a leur fin.

Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne
devons jamais perdre de vue : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la
discipline.

La doctrine fait naître l’unite de penser ; elle nous inspire une même maniéré de
vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans
la mort.

Si nous connaissons bien le temps, nous n’ignorerons point ces deux grands principes
Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels
les ´Eléments reçoivent leurs différentes modifications ; nous saurons le temps de leur
union et de leur mutuel concours pour la production du froid, du chaud, de la sérénité
ou de l’intempérie de l’air.

L’espace n’est pas moins digne de notre attention que le temps ; étudions le bien,
et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large
et de l’étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer.

J’entends par commandement, l’équité, l’amour pour ceux en particulier qui nous
sont soumis et pour tous les hommes en général ; la science des ressources, le courage
et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui
est revêtu de la dignité de général ; vertus nécessaires pour l’acquisition desquelles
nous ne devons rien négliger : seules elles peuvent nous mettre en état de marcher
dignement `a la tête des autres.


Aux connaissances dont je viens de parler, il faut ajouter celle de la discipline.
Posséder l’art de ranger les troupes ; n’ignorer aucune des lois de la subordination
et les faire observer `a la rigueur ; Etre instruit des devoirs particuliers de chacun de
nos subalternes ; savoir connaitre les différents chemins par o`u on peut arriver `a un
même terme ; ne pas dédaigner d’entrer dans un détail exact de toutes les choses
qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d’elles en particulier. Tout cela
ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit point
échapper a la sagacité ni aux attentions d’un général.

Vous donc que le choix du prince a place a la tête des armées, jetez les fondements
de votre science militaire sur les cinq principes que je viens d’etablir. La victoire
suivra partout vos pas : vous n’éprouverez au contraire que les plus honteuses défaites
si, par ignorance ou par présomption, vous venez a les omettre ou a les rejeter.
Les connaissances que je viens d’indiquer vous permettront de discerner, parmi
les princes qui gouvernent le monde, celui qui a le plus de doctrine et de vertus ; vous
connaîtrez les grands g´en´eraux qui peuvent se trouver dans les diff´erents royaumes,
de sorte que vous pourrez conjecturer assez surement quel est celui des deux antagonistes
qui doit l’emporter ; et si vous devez entrer vous-mˆeme en lice, vous pourrez
raisonnablement vous flatter de devenir victorieux.

Ces mêmes connaissances vous feront prévoir les moments les plus favorables, le
temps et l’espace étant conjugués, pour ordonner le mouvement des troupes et les
itinéraires quelles devront suivre, et dont vous réglerez a propos toutes les marches.
Vous ne commencerez ni ne terminerez jamais la campagne hors de saison. Vous
connaîtrez le fort et le faible, tant de ceux qu’on aura confies a vos soins que des
ennemis que vous aurez a combattre. Vous saurez en quelle quantité et dans quel
état se trouveront les munitions de guerre et de bouche des deux armées, vous distribuerez
les récompenses avec libéralité, mais avec choix, et vous Epargne pas
les châtiments quand il en sera besoin.

Admirateurs de vos vertus et de vos capacités, les officiers généraux places sous
votre autorité vous serviront autant par plaisir que par devoir. Ils entreront dans
toutes vos vues, et leur exemple entraînera infailliblement celui des subalternes, et
les simples soldats concourront eux-même de toutes leurs forces à vous assurer les
plus glorieux succès.


Estime, respecte, chéri des vôtres, les peuples voisins viendront avec joie se ranger sous les étendards du prince que vous servez, ou pour vivre sous ses lois, ou pour obtenir simplement sa protection.

Egalement instruit de ce que vous pourrez et de ce que vous ne pourrez pas, vous ne formerez aucune entreprise qui ne puisse etre mené `a bonne fin. Vous verrez, avec la mémé pénétration, ce qui sera loin de vous comme ce qui se passera sous vos
yeux, et ce qui se passera sous vos yeux comme ce qui en est le plus ´ éloigne. Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses.



Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez
point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire a un engagement général ;
vous cacherez toujours avec une extrême attention l’´etat o`u vous vous trouverez.
Il y aura des occasions ou vous vous abaisserez, et d’autres ou vous affecterez
d’avoir peur. Vous feindrez quelquefois d’ˆetre faible afin que vos ennemis, ouvrant
la porte a la présomption et `a l’orgueil, viennent ou vous attaquer mal a propos, ou
se laissent surprendre eux-mˆemes et tailler en pièces honteusement. Vous ferez en
sorte que ceux qui vous sont inférieurs ne puissent jamais pénétrer vos desseins. Vous
tiendrez vos troupes toujours alertes, toujours en mouvement et dans l’occupation,
pour empêcher qu’elles ne se laissent amollir par un honteux repos.
Si vous prêtez quelque int´erˆet aux avantages de mes plans, faites en sorte de créer
des situations qui contribuent a leur accomplissement.

J’entends par situation que le général agisse a bon escient, en harmonie avec ce
qui est avantageux, et, par l`a-même, dispose de la maîtrise de l’equilibre.
Toute campagne guerrière doit ˆetre r´egl´ee sur le semblant ; feignez le d´esordre,
ne manquez jamais d’offrir un appât a l’ennemi pour le leurrer, simulez l’inferiorite
pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger
dans la confusion : sa convoitise le lancera sur vous pour s’y briser
.
Hâtez vos préparatifs lorsque vos adversaires se concentrent ; l`a ou ils sont puissants,
évitez-les.


Plongez l’adversaire dans d’inextricables épreuves et prolongez son épuisement
en vous tenant a distance ; veillez a fortifier vos alliances au-dehors, et a affermir vos
positions au-dedans par une politique de soldats-paysans.

Quel regret que de tout risquer en un seul combat, en négligeant la stratégie
victorieuse, et faire dépendre le sort de vos armes d’une unique bataille !





Lorsque l’ennemi est uni, divisez-le ; et attaquez la ou il n’est point prépare, en surgissant lorsque ne vous attend point. Telles sont les clefs stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne point les engager par avance. Que chacun se représente les évaluations faites dans le temple, avant les hostilités,comme des mesures : elles disent la victoire lorsqu’elles d´emontrent que votre force est supérieure a celle de l’ennemi ; elles indiquent la défaite lorsqu’elles démontrent qu’il est inférieur en force.

Considérez qu’avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez
leur insuffisance. Combien celui qui n’en fait point a peu de chances de gagner !
C’est grâce `a cette méthode que j’examine la situation, et l’issue apparaîtra clairement.


Les idées de L'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie et notamment la stratégie d'entreprise.

ceci est seulement  la première partie de l' article, C'est beau la guerre :S:S
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